Peut-on maitriser l'effet de serre?
"A quel niveau porter le prix de l'énergie pour diviser nos émissions par trois ? Nous prenons ici comme hypothèse de méthode qu'aucun usage de l'énergie n'est subventionné. Alors le prix de l'énergie doit être porté à un niveau assez haut pour inciter tout le monde à faire des économies d'énergie et pour pouvoir payer le coût de production et d'utilisation d'énergie sans carbone fossile dont on a besoin. Pour savoir à quel prix devra être porté l'énergie on peut procéder de deux façons différentes :
- ce que font les "modèles d'équilibre général" : ils relient la consommation d'énergie à son prix par secteur ou par type d'utilisation ; cette relation s'exprime par une "élasticité". Pour diviser les émissions par trois, ces modèles calculent que le prix de l'énergie doit être augmenté de plusieurs milliers d'euros par tonne d'équivalent pétrole, tep, soit quelques euros par litre de carburant ou de fioul. Mais les modèles de ce genre existant aujourd'hui ne sont pas conçus pour simuler l'effet de modifications de prix très importantes car ils ne peuvent pas prendre en compte les changements de techniques induits par ces hausses de prix.
- une autre méthode est celle que nous avons adoptée : partir des quantités physiques de consommations et de disponibilités, possibilités de réduction des consommations d'énergie ; puis introduire des modifications techniques dont la faisabilité est certaine et les coûts à peu près connus. Chaque possibilité de production ou d'économie d'énergie coûte quelque chose au consommateur ; on les classe par ordre croissant de coût. Puis on établit un tableau croisé des ressources et des emplois en utilisant autant que possible les techniques les moins chères : cette phase est tout à fait essentielle, bien que peu pratiquée à ce jour. Seul un tel tableau permet de voir de quelles techniques on a besoin et desquelles on n'a pas besoin pour atteindre l'objectif. Parmi les techniques de production ou d'économie dont on a besoin, on peut voir alors laquelle revient le plus cher au consommateur. Il nous a semblé - mais cela demande à être validé - que le plus cher est le biocarburant. Ce qui permet de calculer la hausse du prix de l'énergie. Le prix du carburant serait porté à 1,45 €/litre, le prix du fioul à 980 €/m3 environ. A ce prix là par exemple, il vaut la peine d'équiper ses logements de thermostats qui permettent de ne chauffer que les pièces où l'on se trouve et de compléter l'isolation ; la différence de prix avec l'électricité rendra la voiture bi-énergie intéressante ; il sera intéressant de cultiver du bois à croissance rapide et de faire des réseaux de chaleur etc."
Extrait d'une tribune d'Henri Prévot, ingénieur général des mines, mise en ligne sur son site Internet.
http://www.2100.org/PrevotEnergie/notesbreves.html#nucleaire
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